Nous et eux

audrey_bardou_autisme01audrey_bardou_autisme02audrey_bardou_autisme03audrey_bardou_autisme04audrey_bardou_autisme05audrey_bardou_autisme06audrey_bardou_autisme07audrey_bardou_autisme08audrey_bardou_autisme09audrey_bardou_autisme10© me

Alors voilà, mes premières images sur l’autisme. J’ai participé la semaine dernière à l’EPF, concours photo international où j’ai présenté juste ses 10 images . J’ai montré cette sélection à très très peu de personnes, non pas  par peur de montrer car j’ai conscience qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, mais parce que c’est toujours en cours, et que j’y travaille encore. Je suis en train de commencer un nouveau chapitre : des images de lui et de son frère, et aussi de moi, car nous avons crée Nathanaël et moi une relation avec l’appareil photo, difficile à expliquer, mais nous communiquons par la photographie… L’important pour moi n’est pas juste de voir, mais de vivre quelque chose, d’apprendre aussi sur moi… Certaines images vous ne les comprendrez pas, car c’est ça l’autisme, un monde à part que l’on peut voir, mais qu’on ne peut comprendre, ils ont une perception du monde bien différente…

Je vous laisse avec le texte de Cathy, la maman et amie qui vous parlera de sa vision de l’autisme et qui partagera avec vous son quotidien :

« Je pourrais commencer par vous dire que la situation en France est catastrophique, que l’Europe a plusieurs fois condamné le pays pour mauvaises prises en charge, que les professionnels sont mal formés, que peu de structures sont adaptés pour les autistes et que quand il y en a, ils n’ont plus de places avant des années…..

Mais, dans le fond, bonne ou mauvaise prise en charge, cela ne change en rien les changements de vie auxquels on doit faire face. Regardons les choses deux minutes, mon fils est handicapé à vie, je ne peux pas travailler, il ne parle pas, a des troubles du sommeil et du comportement… La solitude qui touche les parents est un puits sans fond. On doit tout adapter, penser, changer. Je dois m’occuper de mon fils de 8 ans comme d’un nourrisson.

Tout ceci est dur, fatigant nerveusement et psychologiquement. Chacun choisit son combat. Je me suis dit : « ok, Nathanaël est autiste non verbal, son monde n’est pas le nôtre. Mon but, que mes enfants rient au moins une fois par jour ! ».

Apprendre à voir le monde à travers leurs yeux et faire en sorte de capter son sourire à lui avec la perception limitée que je peux avoir de sa façon de voir les choses.

Si chaque jour est une lutte, je veux apprendre de mes fils autistes, ils sont exceptionnels, je dois être extraordinaire pour eux.  »
Cathy